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LA Vème REPUBLIQUE.

Par Max FABRE

 

INTRODUCTION : Devant les risques de guerre civile qu’aurait pu entraîner la révolte des partisans de l’Algérie française en métropole comme en Algérie, les hommes politiques influents de la république décident de faire appel au gal De Gaulle pour dénouer la crise. Ce dernier constitue un gouvernement, obtient les pleins pouvoirs et fait rédiger une nouvelle constitution approuvée par référendum.

  1. LES BASES DE LA VIE POLITIQUE DEPUIS 1958 :
  1. LA CONSTITUTION DE 1958 MODIFIEE EN 1962 :
  1. Le pouvoir exécutif est assuré par le président dont le rôle est considérablement accru, surtout avec la réforme de 1962, qui le fait élire pour 7 ans au suffrage universel direct avec des modalités particulières au second tour. Il dispose des pouvoirs traditionnels auxquels ont été rajoutés :
    1. Le pouvoir de présider le conseil des ministres.
    2. Le pouvoir de soumettre à référendum un projet de loi sur des sujets limités.
    3. Les pleins pouvoirs en cas de situation exceptionnelle (article 16).

Le Premier ministre choisi par le président voit donc son rôle diminuer mais "il conduit et détermine la politique de la nation ".

    1. Le pouvoir législatif est détenu par deux assemblées :
    1. Le sénat dont les membres sont élus pour 9 ans au suffrage universel indirect et qui représentent les collectivités territoriales.
    2. L’assemblée nationale dont les députés sont élus pour 5 ans selon un mode de scrutin variable (liste ou uninominal).
    3. Députés et sénateurs peuvent proposer des lois, voter la loi et l’amender ; mais dans la réalité leurs pouvoirs législatifs se trouvent limités : le domaine de la loi est limité, le gouvernement dispose d’un arsenal de procédures légales pour faire passer ses projets avant ceux des parlementaires. (Comme l’article 49/3).
  1. LES PARTIS POLITIQUES :

1) Les grandes tendances demeurent mais la pratique politique va conduire à un remodelage des nombreux partis, les obliger à des coalitions stables et à rechercher un présidentiable en vue de l’élection présidentielle.

2) Jusqu’en 1984, l’extrème droite est négligeable ; le front national se tient depuis au-dessus de 10% des électeurs ; il renaît en insistant sur le côté anti-immigrés et sur les questions sécuritaires et anti-européennes. Depuis peu il vint de se scinder en deux partis.

    1. La droite gaulliste va prendre au cours de la période différents sigles (UNR, UDR, RPR) ; elle insiste sur l’indépendance nationale.
    2. La droite libérale va se regrouper en 1978 sous le sigle UDF ; elle insiste sur le libéralisme politique et surtout économique et défend vigoureusement la construction européenne. Depuis peu cette tendance s’est de nouveau réorganisée.
    3. La SFIO devient le PS en 1969 et va redevenir à partir de 1977 le premier parti de France sous l’impulsion de F. Mitterrand. L’atlantisme et la question européenne la rapprochent de la droite libérale mais il s’en sépare sur les questions sociales, économiques et scolaires.
    4. Le PCF, par contre, va commencer son déclin électoral à ce moment là et tenter de se rénover en éliminant peu à peu les séquelles de son caractère stalinien. Les questions économiques et sociales le rapprochent du PS mais il en diffère à propos des questions européennes et de l’interventionnisme étatique.
    5. L’extrême gauche est importante au cours des années 1968 1974 ; elle est devenue marginale depuis.
  1. LES GRANDES PHASES DE LA VIE POLITIQUE DEPUIS 1958 :
  1. MAJORITE PRESIDENTIELLE ET PARLEMENTAIRE COINCIDE A DROITE (1958 1981) :
  1. Le gaullisme présidentiel :
  1. Le général de Gaulle est élu en 1958 et réélu en 1965 président ; il se constitue un domaine réservé-défense et politique étrangère- et laisse ses premiers ministres –Debré, Pompidou et Couve de Murville-gouverner.
  2. -La décolonisation est achevée avec l’indépendance de l’Afrique noire en 1960 et celle de l’Algérie en 1962 (Accords d’Evian).

    -Le dirigisme économique est renforcé avec l’aménagement du territoire, la planification devenu "une ardente obligation ", la réalisation de grands projets(ZIP de Dunkerque et Fos...).

    -La politique étrangère se fait moins atlantiste (De Gaulle conteste l’hégémonie américaine et retire la France de l’OTAN) et moins européenne(deux refus français à la demande d’adhésion britannique à la CEE et refus de toute supranationalité européenne). La France se dote d’une force de dissuasion nucléaire.

    -Mais l’opinion se lasse ; l’opposition se réorganise et la révolte étudiante et sociale de mai 1968 provoque l’échec du référendum de 1969 et la démission du président.

  3. Le président Pompidou poursuit une politique analogue avec J.Chaban Delmas et P. Messmer tout en élargissant sa majorité vers le centre et en acceptant après référendum l’entrée du royaume Uni dans la CEE.
  1. L’élection de VGE marque un glissement de l’opinion  vers le centre ; sous les ministères J. Chirac et R. Barre, des lois abaissent la majorité électorale à 18 ans, autorise l’IVG, le divorce par consentement mutuel, démocratise le collège ; mais la dépression économique provoque chômage, inflation et stagnation économique ; L’union de la gauche est créée en 1972 (PCF, PS, radicaux de gauche) et progresse aux élections de 1977 et 1978 ce qui laisse entrevoir l’alternance.
  1. ALTERNANCES ET COHABITATIONS (1981.1998) :
  1. F. Mitterrand premier secrétaire du PS, est élu en 1981 président face à VGE ; Il dissout l’assemblée et obtient une majorité de socialistes que soutiennent le PCF et les radicaux de gauche.
  2. Le premier septennat :
    1. L’ETAT DE GRACE : une série de lois est votée sur le relèvement des prestations sociales, les 39 heures, la retraite à 60 ans, la suppression de la peine de mort, les nationalisations, la décentralisation... mais les déséquilibres financiers budgétaires et le déficit de la balance des paiements conduisent à des dévaluations et à "une politique de rigueur ".
    2. Les gouvernements Mauroy et Fabius sont condamnés à une gestion prudente, réformiste et moderniste mais ils se heurtent à des difficultés (hausse du chômage, manifestations des défenseurs de l’école privée...) ; la droite progresse ; le PCF prend ses distances.
    3. La droite l’emporte aux élections de 1986 et J. Chirac constitue le premier ministère de cohabitation qui conduit une politique libérale de privatisations interrompues par le Krach boursier de 1987.
  1. Le second septennat :

a) F. Mitterrand est réélu en 1988 sur le thème de "la France unie " face à J. Chirac. M. Rocard gouverne jusqu’en 1992 de manière pragmatique ; on lui doit le règlement de la question calédonienne par référendum, la loi sur le RMI ; E. Cresson exerce le plus court ministère de la Vème en tant que première femme, Premier ministre. P. Beregovoy doit faire face à une nouvelle poussée de chômage et aux déficits publics. La classe politique est éclaboussée par la révélation  "des affaires "(financement frauduleux des partis politiques).

    1. Aussi la droite obtient une majorité écrasante aux législatives de 1993 et E. Balladur constitue un ministère de cohabitation qui reprend la politique de 1986(privatisations) mais il se heurte aux manifestations (CIP, Loi Bayrou...).

CONCLUSION :En 1995, J. Chirac l’emporte sur L. Jospin aux présidentielles ; Avec les mouvements sociaux de 1995 et l’impopularité grandissante d’A Juppé il dissout l’assemblée et nomme L. Jospin Premier ministre après la victoire de " la gauche plurielle ". Cette phase de la Vème aura donc montré que les institutions de cette république étaient suffisamment souples pour permettre l’alternance et la cohabitation.


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